Doutes fréquents sur la validité du jeûne

Piscine bleue, illustration des doutes sur la validité du jeûne

Nager, utiliser un inhalateur, se réveiller en état d’impureté majeure… Ces situations du quotidien inquiètent souvent les jeûneurs. Remettent-elles vraiment en cause la validité du jeûne ? Voici ce que disent les textes sur ces cas fréquents, avec l’avis de plusieurs savants.

Nager ou se baigner : la validité du jeûne en question

Se baigner ou nager n’annule pas le jeûne en soi. C’est une simple forme de purification, autorisée même pour se rafraîchir. Al-Bukhari a d’ailleurs consacré un chapitre entier à la purification du jeûneur. Il faut cependant éviter deux choses : l’exposition inutile de son corps, et le risque d’avaler de l’eau volontairement.

Si de l’eau entre dans la gorge sans intention, par accident, le jeûne reste valide. Le Cheikh Ibn Baz confirme ce même principe. Si l’eau pénètre involontairement dans la gorge pendant la toilette, il n’y a ni péché ni rattrapage, faute d’intention d’avaler.

Inhalateur pour l’asthme, et validité du jeûne

Pour une personne asthmatique, la question revient chaque Ramadan. Si l’inhalateur ne contient que de l’air ou de l’oxygène, il n’annule pas le jeûne. En revanche, s’il contient une substance vaporeuse qu’on sent passer par la gorge, la règle change selon le Cheikh Ferkous.

Une utilisation occasionnelle impose alors un simple rattrapage du jour concerné. Une utilisation quotidienne, tout au long du mois, relève plutôt de la maladie chronique : dans ce cas, la fidya remplace le rattrapage. Le Cheikh Ibn Baz, de son côté, autorise l’usage du bronchodilatateur par nécessité. Il le compare à une prise de sang ou à une injection non nutritive. Ainsi, les deux avis se rejoignent sur l’essentiel : l’asthmatique n’est jamais laissé sans solution face à sa maladie.

Pilules retardant les règles, et menstrues à l’aube

Certaines femmes envisagent de prendre des pilules pour retarder leurs règles et jeûner tout le mois. Ce n’est pas recommandé. Mieux vaut suivre son cycle naturel, tel qu’Allah l’a établi, puis rattraper les jours manqués plus tard. Si une femme le fait malgré tout, son jeûne reste valable.

Autre cas fréquent : une femme sait que ses règles vont s’arrêter en tout début de matinée. Si elle n’a pas rompu son jeûne avant cet arrêt, celui-ci est considéré comme valide, même sans intention formulée la veille.

Se réveiller en état de janaba

Un couple peut avoir des rapports après le coucher du soleil, puis se réveiller après l’aube sans avoir fait le grand lavage. Cela n’invalide pas le jeûne. Aïcha et Oum Salama rapportent que le prophète ﷺ vivait lui-même cette situation, puis se lavait et jeûnait normalement, sans jamais refaire son jeûne (rapporté par Al-Bukhari et Muslim).

Le Cheikh Ibn Baz a d’ailleurs traité un cas similaire, celui d’un homme resté endormi en état de janaba jusqu’après midi. Sa réponse est claire : le jeûne de cet homme reste valide, même si la négligence appelle, par ailleurs, au repentir.

Ces précisions montrent une chose. La Charia distingue toujours l’acte volontaire de l’accident. C’est cette distinction qui doit guider le jeûneur face au doute, plutôt que le scrupule excessif.

Source : fatwas n° 1063, 76, 919, 78 et 80, Cheikh Mohamed Ali Ferkous, rubrique « Spécial Ramadan », ferkous.app. Avis complémentaires : cheikh Ibn Baz (fatwas n° 13056, 11820 et 13963, binbaz.org.sa).