Maladie, oubli, ignorance du jugement… Beaucoup de croyants terminent le Ramadan avec des jours de jeûne en retard. Faut-il toujours rattraper les jours de jeûne manqués ? La réponse dépend de la raison du jour manqué, et les savants ne s’accordent pas toujours sur les détails.
Jours de jeûne manqués pour maladie : le rattrapage obligatoire
Pour une maladie passagère, la règle est simple. Allah dit : « Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage devra jeûner un nombre égal d’autres jours » (sourate Al-Baqara, 2:184). Le jeûne manqué doit donc être rattrapé, dès que possible, sans obligation de nourrir un pauvre.
Manquer le jeûne par ignorance : un cas à part
Certaines personnes laissent le jeûne parce qu’elles ignoraient réellement la règle. C’est le cas, par exemple, d’une jeune femme qui ne savait pas qu’elle devait jeûner dès l’arrêt de ses règles. Selon le Cheikh Ferkous, tant que cette ignorance était sincère et inévitable, aucun péché n’est retenu contre elle. Le rattrapage n’est même pas exigé dans ce cas.
Le Cheikh Ibn Baz distingue toutefois ce cas précis d’une ignorance plus large et prolongée. Une femme qui n’a jamais appris à jeûner correctement peut avoir manqué de nombreux jours, sans même les compter. Elle doit malgré tout les rattraper, par estimation, selon ce qui lui paraît le plus probable.
Rattraper les jours de jeûne manqués d’un défunt
Une autre question revient souvent : que faire si un proche décède avec des jours de jeûne obligatoire en dette ? Là encore, deux lectures existent. Selon le Cheikh Ferkous, les héritiers doivent nourrir un pauvre à sa place, pour chaque jour manqué. Le jeûne resterait un acte personnel, sauf pour le jeûne voué, qu’un tuteur peut accomplir à la place du défunt.
Cheikh Ibn Baz retient, lui, le sens le plus apparent d’un hadith du Prophète ﷺ. Celui-ci dit : « Celui qui meurt en devant un jeûne, que son proche jeûne à sa place » (rapporté par Al-Bukhari et Muslim). Si le défunt avait négligé son rattrapage alors qu’il en avait la capacité, ses proches sont alors invités à jeûner pour lui. Plusieurs d’entre eux peuvent même se répartir les jours. En revanche, si la maladie l’a empêché de rattraper jusqu’à sa mort, rien n’est dû : son excuse demeure valable jusqu’au bout.
Dans tous ces cas, un même principe se dégage. Allah ne demande jamais plus que ce que Ses serviteurs peuvent réellement accomplir. Le plus important reste de rattraper les jours de jeûne sans tarder, en régularisant sa situation dès que l’excuse a disparu.
Source : fatwas n° 202, 221 et 853, Cheikh Mohamed Ali Ferkous, rubrique « Spécial Ramadan », ferkous.app. Avis complémentaires : Cheikh Ibn Baz (fatwas n° 8462 et 11868, binbaz.org.sa).
