Aïd el Fitr, Aïd al Adha : tout ce que vous devez savoir sur les fêtes islamiques

eid mubarak

En islam, seules deux fêtes sont authentiquement sacrées : l’Aïd al Adha et l’Aïd el Fitr. Pourtant, beaucoup de musulmans les célèbrent sans en connaître les règles. Voici donc ce que disent les textes et les savants.

Aïd el Fitr et Aïd al Adha : deux fêtes, deux occasions

Anas (qu’Allah l’agrée) a rapporté que le prophète ﷺ arriva à Médine. Or, ses habitants avaient deux jours de fête. Il leur dit alors : « Allah vous a choisi deux jours meilleurs : l’Aïd al Fitr et l’Aïd al Adha.« 

D’un côté, l’Aïd al Adha, ou Aïd al Kabir, se célèbre le dixième jour de Dhoul Hijja. De l’autre, l’Aïd el Fitr, ou Aïd as Seghir, marque la fin du Ramadan.

Par ailleurs, Allah a institué ces deux fêtes en harmonie avec les besoins humains. En effet, l’Aïd apporte un temps de renouveau et de détente licite. Ainsi, l’âme se repose après l’effort dans ce qu’Allah a permis.

Les ahkam communs aux deux fêtes de l’Aïd

La prière de l’Aïd

Abou Hanifa, Ibn Taymiyya, Ibn al Qayyim, Ibn Sa’di, Ibn Baz et Ibn Utheymin s’accordent : la prière de l’Aïd est obligatoire. En effet, le messager d’Allah ﷺ l’a accomplie et a ordonné aux femmes de la faire. De plus, il a encouragé celles qui avaient leurs menstrues à sortir pour assister au rassemblement.

Par ailleurs, aucune prière surérogatoire ne précède ni ne suit la prière de l’Aïd. En effet, Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) a rapporté que le prophète ﷺ accomplissait deux raka’ahs le jour de l’Aïd. Il ne les faisait précéder ni suivre d’aucune autre prière.

Le takbir

Le takbir est fortement recommandé pendant la nuit de l’Aïd. Il débute au coucher du soleil et prend fin à l’arrivée de l’imam. D’un côté, les hommes élèvent leur voix dans les marchés, les mosquées et les maisons. En revanche, les femmes ne doivent pas élever leur voix.

À ce sujet, Ibn Baz a précisé que chaque musulman fait le takbir seul. Il élève la voix pour que les gens l’entendent et prennent exemple. Il ne doit toutefois pas le faire ressembler au chant.

Le ghousl et les beaux habits

Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah l’agrée) a cité deux jours où le ghousl est recommandé : l’Aïd al Fitr et l’Aïd al Adha. Al Bayhaqi a rapporté ce hadith. Cheikh Albani l’a ensuite authentifié dans Irwa al Ghalil.

De même, Jabir (qu’Allah l’agrée) a dit : « Le prophète ﷺ portait une cape le jour de l’Aïd et le vendredi. » Al Bayhaqi a également rapporté qu’Ibn Omar revêtait ses plus beaux habits le jour de l’Aïd.

L’interdiction de jeûner

Jeûner le jour de l’Aïd est interdit. En effet, Abou Sa’id al Khoudri a rapporté que le prophète ﷺ a interdit de jeûner le jour de la rupture du jeûne et le jour de l’Adhâ. Cette interdiction couvre également les trois jours suivants l’aid el kebir : ayyam at-tachriq.

Les félicitations

Échanger des félicitations à l’Aïd est une belle habitude. En outre, elle rapproche les cœurs. On peut ainsi dire : « Taqabbal Allâhu minnâ wa minkum« , « Aïd moubarak« , ou toute autre formule permise.

Ce qui est propre à chaque fête de l’Aïd

Aïd el Fitr : manger avant la prière et la Zakat al Fitr

Le jour de l’Aïd al Fitr, le croyant mange quelques dattes en nombre impair avant la prière. En effet, le messager d’Allah ﷺ ne sortait jamais sans l’avoir fait.

En ce qui concerne la Zakat al Fitr, elle doit sortir avant la prière. Si, au contraire, on la sort après, elle ne compte plus comme Zakat al Fitr. Cheikh Albani a authentifié ce hadith dans Sahih Abi Dawoud.

Aïd al Adha : le sacrifice

Le jour de l’Aïd al Adha est le meilleur auprès d’Allah. Le prophète ﷺ a dit : « Les jours les plus importants sont : le jour du sacrifice, puis le jour du Qarr.« 

De plus, le croyant ne mange pas avant le retour de la prière. Il mange en premier de son sacrifice.

À ce sujet, Ibn Qayyim al Jawziyya a dit : « L’immolation au bon moment vaut mieux que l’aumône du prix de l’animal. En effet, l’effusion de sang est un acte de rapprochement à Allah. »

Enfin, que ce soit l’Aïd el Fitr ou l’Aïd al Kabir, ces deux fêtes dépassent la simple réjouissance. Elles offrent ainsi des occasions de gratitude, de générosité et de renforcement des liens, selon l’enseignement du prophète ﷺ.